Avril : La ruche piège.

Le beau temps est au rendez-vous pour ce printemps. Le pissenlit succède avec force au saule marsault, et déjà les merisiers sont en fleurs. Ce sera bientôt l'essaimage : Comment faire une ruche piège ? Que mettre dedans et où la placer ? Quelles fleurs sont disponibles pour nos abeilles ce mois-ci ?

 

Selon la météo de votre département soyez vigilent, beau temps ne veux pas toujours dire que les abeilles peuvent butiner tranquillement. La température, l’orientation du vent et le taux d’humidité sont les variables relatives à la montée du nectar dans les fleurs. Seule une bonne observation de la planche d'envol vous donnera des indications.

Cependant, le mois d’avril correspond toujours au début de la période d’essaimage. Il convient donc de surveiller le développement de vos ruches et d’envisager selon vos convictions la division ou non de ces dernières.

 

 

 


Dans tous les cas, il est envisageable de capturer des essaims s’échappant de ruches bien portantes en disposant des « ruches pièges ».

 

Pour cela, deux paramètres sont à prendre en compte :

 

Le contenu de la ruche piège : chaque piégeur a sa petite recette mais l’expérience rapporte des points communs.

Il n'est pas indispensable que votre piège respecte tous ces critères pour fonctionner. Il s'agit seulement d'une liste d'astuces pour favoriser la capture. L'idée  d’utiliser une ruche ayant déjà hébergé des abeilles est bonne car  il restera ces odeurs de cire, propolis et miel qui attireront les éclaireuses. Ce parfum pourra être ravivé par un passage au chalumeau qui de plus aseptisera le piège de maladies et parasites éventuels.

 

Indépendamment de la taille du piège, il est mieux d’avoir des cadres ou barrettes contenant des vieilles cires noires, autrement dit ayant déjà contenu du couvain.  Pour une Warré, deux rayons de cires ayant contenu du couvain seront parfaits. Trop de rayons ou même des cadres vides, trompe l'abeille exploratrice sur le volume de la ruche, elle pourrait lui paraître trop petite et du coup elle ne serait pas séduite par votre ruche. Idéalement, frottez les cadres ou barrettes neuves avec de la propolis. L'exploratrice va mesurer dans tous les sens et plusieurs fois le volume de votre piège (voir schema Thomas Seeley). 

 

 

Concernant le volume, une ruche Warré sur deux éléments est idéale.

Dans le cas d’une ruche neuve, il est d'usage de pulvériser de l’eau miellée sur les parois, de frotter de la propolis. La mélisse et la verveine citronnée sont également des plantes diffusant un parfum apprécié des abeilles, aussi veillez à en planter dans votre jardin pour en frotter les parois de vos ruches pièges.

 

Le lieu : Le premier point éthique à respecter est de ne pas placer la « ruche piège » proche du rucher d'un voisin afin de lui substituer un essaim. Ainsi est la tradition qui vous évitera des querelles de voisinage.

Par contre, il est judicieux d’en placer dans votre rucher au cas où l’une de vos ruches essaime sans que vous ne l’ayez pressenti. Mais ce phénomène est loin d’être commun. Il est constaté en général un essaimage dans les 500 à 800 m des ruchers, d’où l’importance de surveiller vos ruches au risque de perdre vos abeilles à jamais.

Les essaims passent souvent aux mêmes endroits chaque année voir plusieurs fois par an. Donc dès que vous avez du succès veillez à renouveler votre piège aussitôt après la capture et également les années suivantes.

Bien entendu, comme pour une ruche classique, pensez à disposer ce piège dans une zone calme où la flore et l'eau sont présentes,  et orientez son entrée vers le sud/sud-est. Le long d’une haie à l’abri des vents dominants est un emplacement qui rencontre souvent le succès.

Généralement on placera ces pièges entre 1,5 m et 2 m de hauteur, cependant l'idéal est 4 mètres.

Voici les principes de base qui, avec un peu de chance, augmenteront la taille de votre cheptel. Il ne vous reste plus qu’à patienter et peut être avoir une bonne surprise.

 

Ce sera peut être un essaim venant d'une ruche mais avec beaucoup de chance ce sera un essaim sauvage. Dans ce dernier cas je vous recommande de conserver cet essaim et de le laisser en totale autonomie, s'il a pu survivre seul, c'est pour vous l'occasion d'apporter des mâles à la génétique intéressante, qui pourront alors s'accoupler avec vos futures reines.

 

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Plus d'informations

Qui cueille une fleur dérange une étoile. Francis Thomspon, poête anglais (1869-1907).

 

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David Giroux, formateur pour une apiculture bienveillante.