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LES METHODES D APICULTURE WARRE

Plusieurs methodes de conduite existent pour la ruche Warre. Avec l experience je realise qu il n en est pas de mauvaises mais plutot de mieux adaptees au besoin de chaque apiculteur. Toutes, utilisees intelligemment se feront dans le respect des abeilles.

 

 

 

La conduite d’une ruche Warré peut varier et demande des subtilités que nous développons en profondeur lors des journées de stages (www.formationapiculturewarre.fr) cependant voici les axes majeurs expliqués brièvement. La conduite diffère dans le support de construction des rayons proposés à l’essaim :

 

 

warre barrette

1. Les barrettes.

Comme expliqué dans les pages précédentes, les barrettes, simples baguettes de bois disposées en haut de chaque élément, offriront le support aux abeilles pour construire leurs rayons. Par la suite, une fois les rayons devenus conséquents, elles les attacheront aux parois des éléments, jusqu’à rencontrer les barrettes de l’élément suivant. Fréquemment, elles vont lier entre eux les différents éléments en construisant au-dessus et en dessous des barrettes, rendant difficile la séparation des éléments. Ce qui n’est pas plus mal pour la tranquillité des abeilles.

Une ruche Warré avec barrettes aura à maturité un essaim établi sur deux éléments dans lesquels on trouvera le couvain, un arc pollinique et quelques réserves de miel. Pour effectuer une récolte, le plus simple est de placer un élément au-dessus des deux autres lors de la miellée puis à ce moment  prélever cet élément chargé de miel.

 

Avantages des barrettes :

- Construction libre des cires, ainsi les abeilles construisent elles-mêmes leurs rayons au rythme qui leur convient, gardant l’essaim sous la forme d’une grappe homogène et non pas partitionnée par des cadres de cires gaufrées.

- Les rayons sont plus grands qu’avec des cadres puisqu’ils sont construits jusque sur les parois de l’élément.

- Facilité de construction des barrettes pour l’apiculture, pas de cire gaufrée potentiellement polluée, gain de temps et faible coût.

- Méthode naturelle car moins interventionniste.

barrettes-warréInconvénients des barrettes :

- Parfois les abeilles migrent difficilement d’un élément à l’autre, percevant probablement les barrettes de l’élément ajouté comme une barrière et de fait ne construisent pas dans cette extension. Leur hésitation oblige souvent l’apiculteur à diverses interventions permettant à l’essaim de s’agrandir.

- Les éléments se retrouvent soudés car souvent les rayons sont reliés de barrettes en barrettes.

- La création d’essaim se fait principalement par division des éléments avec un contrôle préalable de présence de couvain dans les deux éléments plus difficile.

- En cas de traitement des ruches contre le varroa, il est plus difficile d’insérer des lanières.

Il est possible de sortir un rayon sur barrettes. Cependant cela implique de briser les ponts de cire existants contre les parois de l’élément et éventuellement ceux construits sur le dessus des barrettes de l’élément inférieur, dans ce cas la perturbation de l’essaim est importante et remet en question les vertus de cette procédure.

2. Les cadres

warre cadreL’apparition des cadres dans la ruche Warré ne s’est produite que par une duplication de la méthode Dadant ou autres ruches à cadres, principalement pour des facilités d’extraction et de contrôle des ruches. Souvent contestée en Warré mais pourtant fréquemment utilisée, cette méthode est justifiable selon les besoins de l’apiculteur et sa capacité à ne pas utiliser les cadres pour feuilleter la ruche tel un livre.

L’utilisation de cadres peut se faire de deux manières :

- Classique en filant des feuilles de cire gaufrées pour, par la suite, procéder à une extraction par force centrifuge.

- Par amorce des cadres, sans fils, pour une récolte par pressage des rayons.

Avantages des cadres :

- La possibilité de sortir les rayons de la ruche plus aisément.

- La création d’essaims de manière plus ciblée en choisissant des cadres de couvain, de pollen et de miel.

- Si les cadres sont filés, une extraction par force centrifuge.

- Un traitement contre le varroa facilité dans le cas d’utilisation de lanières.

cadre miel warréInconvénients des cadres :

- Si présence de feuilles de cires filées, la grappe se retrouve partitionnée alors même que l’essaim est encore peu volumineux.

- Incitation à l’ouverture de la ruche et à sortir les rayons plus fréquemment.

- L’utilisation de cadres filés incite à les conserver pour une utilisation ultérieure, il faut donc être vigilant sur le renouvellement des cires.

- Réduction de la taille des rayons dans une ruche déjà étroite.

 

3. Le porte-rayon.

Ce demi-cadre, en quelques sortes, a été développé par Giles Denis. Composé d’une barrette horizontale et de deux autres plus petites perpendiculaires à cette dernière.

Les abeilles construisent ainsi dans cet espace et le rayon ne se retrouve pas collé aux parois de l’élément.

Avantages :

- Pour simplifier les avantages des cadres et des barrettes, à savoir une construction libre des cires et une possibilité de sortir les rayons de la ruche.

Inconvénients :

- Ils peuvent être collés les uns aux autres de la même manière que les barrettes.

 

4. Les croisillons de la méthode Japonaise.

La méthode Japonaise est sans aucun doute la méthode la plus proche des conditions naturelles. La manière européenne dérivée est de placer des barrettes dans l’élément supérieur puis deux barrettes en diagonales des éléments suivants pour offrir un support supplémentaire aux rayons. La procédure Japonaise originelle repose sur des barrettes en diagonales dès le premier élément. La récolte se fait en prélevant l’élément supérieur par le passage d’un fil à couper le beurre ou un couteau entre les éléments

Avantages :

- L’essaim choisit l’orientation de ses rayons.

- Une construction libre des cires

- Une construction continue des rayons et donc un hivernage facilité pour la grappe puisqu’il n’y a pas de barrettes à passer pour aller d’un élément à l’autre.

Inconvénients :

- L’essaim doit obligatoirement être fort et la miellée présente pour construire rapidement le premier élément et ainsi offrir une stabilité aux rayons.

- Impossible de sortir les rayons sans tout détruire donc pas d’observation des cadres.

- Pour créer un essaim par division il faut couper tous les rayons pour séparer les deux éléments, méthode plus intrusive que le prélèvement de cadres.

- Pas de traitements possibles par lanières si c’est le choix de l’apiculteur.

 

En conclusion, je ne pense pas qu’il y ait de mauvaises méthodes. Parmi mes collègues professionnels en Warré certains travaillent, ou avec des cadres, ou d’autres en barrettes, ou parfois même les deux,  mais chacun d'eux a trouvé la solution qui lui convenait. Respectant profondément les abeilles, au final je ne pense pas qu’elles soient plus malheureuses avec une méthode plutôt qu’une autre. L’essentiel est de limiter les interventions et si la nécessité se présente perturber au minimum l’essaim. Ajoutons à cela une nourriture composée de miel  et une construction naturelle des cires alors les abeilles auront déjà de très bonnes conditions de vie.

Pour  les particuliers je recommanderais les barrettes ou la méthode Japonaise, car la multiplication du cheptel n’est pas une question de viabilité financière et dans ce cas ces procédures sont probablement les méthodes les moins interventionnistes.

Stages

stage apiculture naturelle

 

Pour perfectionner vos connaissances et en apprendre beaucoup plus sur les abeilles et sur la méthode de gestion d'une ruche, vous pouvez effectuer un stage d'apiculture naturelle avec moi en visitant ce lien.

 

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