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  apiculture et ruche warre en decembre

Comportement de la grappe d'abeilles en Warre

 

Il fait désormais bien trop froid dehors pour nos petites abeilles. Comment font-elles pour l'affronter ? Quelles conditions respecter pour s'assurer que la colonie endurera la rigueur de l'hiver ? Quel fantastique phénomène la nature a-t-elle encore inventé pour permettre la survie de cette espèce ?

1. La grappe d'abeilles en hiver.

Les températures ont baissé, le soleil s’absente et lorsqu’il est présent son inclinaison réduit sa capacité à réchauffer les ruches. Comme vu dans l’article du mois de novembre, la biologie de l’abeille d’hiver ainsi que son comportement lui permet de vivre plus longtemps et de faire face aux rudesses de l’hiver. Cependant ce n’est pas tout, comme toujours avec les abeilles, c’est l’esprit collectif qui va leur permettre de résister aux froids les plus rigoureux.

infrarouge

Pour se réchauffer les abeilles se blottissent les unes contre les autres formant ce qu’on appelle « la grappe ».  Au centre de celle-ci se trouve la reine, protégée par cette sorte de bouclier qui se dilate ou se contracte en fonction de la température extérieure.  En périphérie se trouvent les abeilles les plus exposées au froid. Cette zone, régulée entre 7 et 13°C , se nomme « le manteau ». Puis progressivement la température augmente pour arriver au « cœur » entre 15 et 37 °C. Dans tous les cas, la grappe ne doit pas descendre en dessous de 6°c ou les abeilles entreraient dans une forme de coma et ce serait la mort de l’essaim.

Est-ce simplement ce rassemblement qui produit cette chaleur ? Pas uniquement, les abeilles d’hiver outre un corps plus adipeux que leurs consœurs du reste de l’année, ont une pilosité plus développée. Ces poils leur permettent d’emprisonner un certain volume d’air, qui vous le savez est le meilleur isolant (ce n’est pas le verre qui fait l’efficacité de votre double vitrage mais la fine couche d’air entre les deux vitres).   Autre phénomène plus important : celui de la contraction musculaire des abeilles, qui lorsqu’elles tendent les muscles de leur thorax créent un dégagement de chaleur (méthode identique à celle des abeilles Japonaises utilisée pour  « surchauffer » le frelon intrus).  Toujours dans un but d’optimisation énergétique, les abeilles provoquant ces contractions sont au cœur de la grappe. Si les abeilles constituant le « manteau » contractaient elles aussi leurs muscles thoraciques, cette chaleur périphérique se dissiperait inutilement vers l’extérieur par effondrement du gradient thermique, elles ont uniquement un rôle isolant. Les abeilles situées au centre travaillent pour la survie de leurs collègues localisées en bordure.

Bien entendu, ce ne sont pas toujours les mêmes qui ont le mauvais rôle et restent à l’extérieur de la grappe. Les abeilles effectuent une rotation, celles du centre sortant du groupe pour prendre la place de leurs sœurs ankylosées du « manteau » et les rabattre vers l’intérieur, tout comme les manchots empereurs sur la banquise. Une fois au cœur, les abeilles peuvent consommer une partie des réserves de miel qui leur apportera les calories nécessaires au réchauffement de la colonie. Attention, la grappe ne chauffe pas la ruche, (pas de gaspillage énergétique, encore une leçon d’écologie !) mais s'auto-réchauffe. Chaque abeille est capable de ressentir une variation de température de 0.25°C et détermine donc quand effectuer cette contraction musculaire pour augmenter la chaleur ambiante.

2. Conditions de réussite hivernale.

Pour que ce phénomène se produise en toute sérénité, il faut pour cela plusieurs conditions :

- Une colonie avec un nombre suffisamment important d’abeilles, pour que celles situées à l’extérieur de la grappe disposent d’assez de temps pour venir se nourrir au cœur du regroupement, s’y réchauffer puis le chauffer.

- Une ruche avec un volume adapté à la taille de la colonie. Encore une fois, le volume de la ruche Warré est optimal car il est rare que les huit rayons ne soient pas utilisés. Une Dadant  dix cadres impose parfois de remplacer un des cadres de rives par des partitions ou cadres pleins pour éviter un vide et ainsi espérer une température ambiante plus clémente. Ceci est une vue de l’esprit car comme expliqué précédemment la grappe ne chauffe pas la ruche. Cette partition risque même d’être un frein au réchauffement de la colonie par le soleil les jours de beau temps, il y aura deux fois plus de bois à traverser alors qu’une ruche avec un volume bien pensé résout ce problème.

- Des réserves suffisantes de miel.

La grappe partira du bas des rayons en automne pour progresser verticalement pendant l’hiver. Si votre colonie était suffisamment forte à la fin de la saison apicole, elle est donc sur deux éléments ce qui est parfait pour permettre à  la colonie d’évoluer sereinement à travers les réserves de miel. Dans une ruche Dadant, le miel se situe en partie haute du corps de ruche et dans les cadre de rives. Si la grappe se déplace vers un cadre de rive (en général le coté le plus exposé au soleil), une fois les réserves de ce cadre épuisées, impossible de retourner vers l’autre cadre de rive, la distance sans s’alimenter est trop importante. Les apiculteurs placent donc systématiquement du candi dans le nourrisseur ou directement sur les cadres, constatant alors faussement que la grappe ne bouge pas. Pour ceux qui utilisent la méthode Japonaise avec votre ruche Warré, aucun risque pour vos abeilles car vous évitez ce que Frèrès et Guillaume nomment le « passage de la mort ». Cette étape est  ainsi baptisé car les barrettes placées en haut de chaque élément représentent une barrière de bois dans les réserves de miel, un passage sur lequel la grappe ne pourra pas s’alimenter (la méthode Japonaise est un confort supplémentaire pour les abeilles, cependant elles hivernent également très bien sur une ruche Warré en barrettes dans chaque élément).

Tout comme le reste de l’année, il règne dans la ruche un équilibre fragile. Il est interdit de toucher la ruche (ne pas retirer le volet pour voir à l’intérieur) lorsque la température extérieure est basse et que vous ne voyez pas d’activité sur la planche d’envol. Le moindre dérangement créera une surconsommation des réserves et un risque de détachement de la grappe pouvant engendrer la mort des abeilles localisées dans le « manteau ».


Enfin, l’hiver est pour l’apiculteur l’occasion de réhabiliter certaines ruches ou hausses voir d’en construire de nouvelles. Bon bricolage !

3. Ecoutons les abeilles.

    • Le bruissement des abeilles



Pendant l'hiver, l'apiculteur est toujours un peu inquiet de la survie de ses abeilles, il existe quelques indices permettant de savoir si l'essaim est toujours vivant.

Si votre ruche n'est pas ensevelie sous la neige, mais que seule la planche d'envol est recouverte observez bien celle-ci :
 

- l'essaim dégage de la chaleur pour sa survie, suffisamment pour que l'entrée ne soit obstruée ni par la neige, ni par la glace. La neige sur la planche d'envol sera fondue sous la forme d'un demi-cercle, plus cet "arc" de chaleur est grand, plus votre essaim est fort.
- sur la planche vous trouvez quelques abeilles mortes après quelques jours de claustration, rien d'inquiétant, au contraire, cela signifie que l'essaim est assez fort pour affecter des nettoyeuses à l'entretien de la ruche.
- enfin le bruissement des abeilles en collant son oreille à proximité de l'entrée. Regardez la petite vidéo ci-contre dans laquelle les abeilles nous parlent.


  • L'importance de l'exposition solaire de la ruche Warré.



Pendant l'hiver, les abeilles peuvent rester cloîtrées plusieurs jours par les intempéries, alors lorsque le soleil brille malgré le froid, il est important que ses rayons viennent chauffer la ruche.

La mortalité des essaims l'hiver est plus importante lorsque la ruche est à l'ombre, la chaleur dégagée par le soleil leurs permet de veiller à l'hygiène de la ruche (en sortant les cadavres) et de faire un vol de propreté aux abords du domicile !

Ainsi vous trouverez des tâches jaunes dans la neige qui sont tout à fait normales et non pas forcément un signe de dysenterie.

Visionnez cette vidéo ci contre prise par une température négative à l'ombre, mais très agréable au soleil.

 

Pour en savoir plus sur les abeilles, vous pouvez vous inscrire à une journée de formation www.formationapiculturewarre.fr

N’oubliez pas de laisser un commentaire ci-dessous, votre email n'apparaîtra pas ! (avis, conseils, témoignages, questions...).

En janvier, nous verrons comment dresser un premier bilan de l'hiver pour vos abeilles. 

David Giroux

 

 

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Pour perfectionner vos connaissances et en apprendre beaucoup plus sur les abeilles et sur la méthode de gestion d'une ruche, vous pouvez effectuer un stage d'apiculture naturelle en visitant ce lien.

 

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